café

Faut-il réduire sa consommation de café pendant la ménopause ?

Faut-il réduire sa consommation de café pendant la ménopause ?

Après l'âge de 40 ans, beaucoup de femmes se posent cette question.

Vous commencez à sentir des gros coups de fatigue, des troubles de l'humeur ou du sommeil.

Cela peut être aussi du brouillard mental le matin, des douleurs articulaires, ou des prises de poids inexpliquées.

Bref, votre corps devient incontrôlable, sans trop savoir ce qui se passe.

Il s'agit des premiers symptômes de ménopause.

Dans cette phase de transition, faut-il commencer à réduire sa consommation de café ?

Le café est une boisson délicieuse et réconfortante. Néanmoins, il peut avoir un impact décisif sur vos hormones, en particulier le cortisol, l'hormone du stress.

Dans cet article, découvrez si oui ou non, il vaut mieux réduire sa consommation de café en cas de ménopause.

Café et ménopause : au delà de la caféine

Quand on parle des risques du café, on pense souvent à la caféine. Il s'agit de cette molécule qui vous apporte ce coup de boost énergisant le matin.

Le problème, c'est que sa consommation en excès provoque les effets indésirables qu'on connaît (insomnie, anxiété, etc…).

Sauf que le café ne se résume pas à cette simple molécule.

Selon cette étude de 2022, il contient plus de 100 composés actifs très précieux, notamment l'acide chlorogénique, un puissant polyphénol, ainsi que des fibres solubles qui soutiennent la santé intestinale et métabolique. De nombreux bienfaits du café pour la santé proviennent de ses composants non caféinés.

Par ailleurs, la caféine n'est pas si mauvaise en soi. Des études récentes montrent qu'elle pourrait réduire le risque de maladies neurodégénératives, comme Alzheimer ou Parkinson.

D'ailleurs, une étude publiée dans l'American Journal of Clinical Nutrition est allée encore plus loin : les personnes buvant du café non sucré présentaient un risque réduit de 29 à 30 % de développer Alzheimer ou Parkinson, comparé à celles qui n'en buvaient pas. Précision importante : cet effet protecteur disparaît quand on ajoute du sucre. C'est donc peut-être moins le café le problème, que ce qu'on met dedans.

Le mythe du cortisol : attention aux raccourcis

Vous avez sûrement déjà lu ça sur les réseaux : "le café fait grimper votre cortisol, qui fait grimper votre glycémie, qui vous fait prendre du poids — surtout à la ménopause."

C'est vrai… et c'est faux en même temps.

Oui, la caféine peut provoquer une hausse ponctuelle du cortisol. Mais votre corps est loin d'être aussi fragile qu'on le prétend. Il gère très bien ces pics passagers, et si vous êtes une buveuse de café régulière, cet effet a même tendance à s'atténuer avec le temps, par accoutumance.

Aujourd'hui, aucune étude sérieuse ne prouve qu'une consommation modérée de café fait grossir sur le long terme.

Ce n'est donc pas votre café du matin qu'il faut accuser en premier — c'est le raccourci qu'on en fait.

Les bienfaits qu'on oublie de mentionner

On parle beaucoup des inconvénients du café, mais on oublie souvent ce qu'il vous apporte réellement à cette période de la vie :

Le diabète de type 2. C'est l'un des résultats les plus solides de la recherche sur le café. Boire 3 à 4 tasses par jour est associé à un risque plus faible de développer un diabète de type 2 — et cet effet fonctionne aussi bien avec du café classique qu'avec du décaféiné. Autrement dit, ce n'est pas la caféine qui protège, mais bien les composés du café.

Le cœur et la tension. Une tasse peut faire grimper votre tension ponctuellement, mais sur le long terme, une consommation régulière ne l'augmente pas — elle pourrait même la faire baisser dans certains cas.

Le cholestérol. Ici, le mode de préparation change tout. Le café non filtré (cafetière à piston, café turc ou grec) contient plus de diterpènes, des composés qui font grimper le cholestérol. Le café filtre ou soluble en contient beaucoup moins.

La longévité. Boire 1 à 5 tasses par jour est associé à un risque de mortalité toutes causes plus faible. À un âge où le risque de maladies chroniques commence à grimper, ce n'est pas un détail.

Là où le café peut réellement vous jouer des tours

Ceci dit, votre café n'est pas sans défaut — surtout pendant cette période de transition.

L'anxiété. La caféine stimule votre système nerveux. Si vous êtes déjà sujette à l'anxiété, elle peut l'accentuer.

Les bouffées de chaleur. Chez certaines femmes (pas toutes), la caféine peut déclencher ou intensifier les bouffées de chaleur. C'est très individuel : à vous d'observer comment votre corps réagit.

Le sommeil. La caféine peut retarder votre endormissement et abîmer la qualité de votre sommeil — et la ménopause a tendance à amplifier cet effet. Or un sommeil de mauvaise qualité impacte à son tour votre énergie, votre appétit, votre poids et votre humeur. Un vrai cercle vicieux.

Pourquoi le café "passe moins bien" après 40 ans

Non, ce n'est pas dans votre tête.

Votre sensibilité à la caféine peut augmenter avec l'âge, car votre foie la métabolise plus lentement. Les habitudes qui vous convenaient parfaitement à 30 ans peuvent devenir beaucoup plus difficiles à gérer à 45 ou 50 ans.

Cette sensibilité dépend aussi de votre génétique (le gène CYP1A2), qui détermine si vous êtes plutôt métaboliseuse rapide ou lente de la caféine.

Le timing compte autant que la quantité

Voici un chiffre qui surprend souvent : environ 50 % de la caféine que vous consommez est encore présente dans votre sang 5 heures plus tard.

Concrètement, un café pris à 17h peut encore être à moitié actif au moment de vous coucher — même si vous ne vous sentez pas particulièrement "excitée".

Quelques repères de caféine :

Boisson Portion Caféine approximative
Espresso 60 ml 80 mg
Café filtre 200 ml 90 mg
Café soluble 1 tasse 100 mg
Café décaféiné 1 tasse 2–15 mg
Thé noir 1 tasse 50 mg
Thé vert 1 tasse 30–50 mg
Matcha 1 tasse 38–176 mg

Une consommation allant jusqu'à 400 mg/jour (environ 4 tasses) est considérée comme sûre pour la majorité des femmes — mais si vous êtes sensible, mieux vaut rester en dessous, et surtout surveiller l'heure de votre dernière tasse.

Nos conseils pratiques

Pas besoin de tout arrêter du jour au lendemain. Voici comment garder votre café sans en subir les inconvénients :

  • Évitez la caféine dans les 6 à 8 heures avant le coucher, encore plus tôt si vous êtes sensible
  • Passez au décaféiné l'après-midi : vous gardez les bienfaits, sans l'impact sur le sommeil
  • Observez vos propres réactions (nervosité, bouffées de chaleur, sommeil) plutôt que de suivre une règle générale
  • Si le cholestérol vous préoccupe, privilégiez un café filtre ou soluble
  • Si vous réduisez, faites-le progressivement pour éviter maux de tête et irritabilité

Les plantes adaptogènes pour la ménopause

Si vous souhaitez limiter les effets indésirables liés à la caféine, il existe des plantes et champignons qui aident à réguler le cortisol, l'hormone du stress :

L'Ashwagandha (Withania somnifera). Aussi connue sous le nom de ginseng indien, elle est très réputée en médecine traditionnelle indienne. Elle aide à réduire le stress, à normaliser les niveaux de cortisol et à favoriser la détente.

La Maca (Lepidium meyenii). Cette plante médicinale originaire du Pérou soutient la vitalité générale, aide à équilibrer les hormones (notamment en stimulant la production de progestérone) et peut améliorer la libido.

La Rhodiola (Rhodiola rosea). Elle combat la fatigue mentale et physique, soutient l'humeur face au stress et aide à retrouver de l'énergie.

Le Ginseng. Riche en ginsénosides, il agit sur la résistance physique et mentale et aide à réduire la fatigue chronique liée à cette période.

Le Reishi. Ce champignon, surnommé "champignon de l'immortalité" dans la médecine traditionnelle chinoise, aide à apaiser le système nerveux, soutient la qualité du sommeil et contribue au bon fonctionnement du système immunitaire.

Le Cordyceps. Ce champignon est traditionnellement utilisé pour soutenir l'énergie naturelle et l'oxygénation de l'organisme, aidant à lutter contre la fatigue sans effet de surstimulation.

Dans la formule du Café Parfait, vous retrouverez 4 de ces adaptogènes : l'Ashwagandha, la Maca, le Reishi et le Cordyceps.

En résumé

Il n'existe pas de réponse universelle à "faut-il arrêter le café à la ménopause".

Pour la majorité des femmes, une consommation modérée reste tout à fait compatible avec une bonne santé.

Donc si vous aimez votre café, vous pouvez continuer à vous faire plaisir, sans culpabiliser. Pour éviter les excès de caféine, l'idéal est simplement d'être à l'écoute de votre corps, et d'ajuster le timing de vos tasses.

La vraie question n'est donc pas "puis-je boire du café ou non", mais plutôt "à quel moment mon corps le tolère-t-il le mieux, et avec quel type de café". Si vous souhaitez profiter du plaisir du café tout en limitant les effets indésirables de la caféine, vous pouvez aussi vous tourner vers un café adaptogène.

Sources et références

  • Cornelis, M.C. et al. (2022), Genetic and Non-genetic Determinants of Coffee-related Metabolites — sur les composés actifs du café. Lire l'étude
  • Zhang et al. (2024), American Journal of Clinical Nutrition — le café non sucré et le risque réduit d'Alzheimer et de Parkinson. Lire l'étude
  • Ding, M. et al., Caffeinated and Decaffeinated Coffee Consumption and Risk of Type 2 Diabetes. Lire l'étude
  • EFSA (2015), Scientific Opinion on the safety of caffeine — sur le seuil de sécurité de 400 mg/jour. Lire l'avis
  • Étude sur la caféine, le cortisol et l'accoutumance chez les consommateurs réguliers. Lire l'étude

En lire plus

Comment réguler son cortisol sans arrêter le café ?

Laisser un commentaire

Tous les commentaires sont modérés avant d'être publiés.

Ce site est protégé par hCaptcha, et la Politique de confidentialité et les Conditions de service de hCaptcha s’appliquent.